Le massif Rigny est traversé par sa volonté de devenir un intellectuel, mais un intellectuel particulier, issu du peuple et conscient de son exceptionnalité. Il détaille abondamment dans ses écrits son rapport à la lecture, à l’intellectualité et à la culture dominante, tout en soulignant la valeur de sa culture à la fois populaire et classique, conquise au prix d’efforts nombreux. Accepter cette richesse anarchivistique, cette source et cette écriture, cette réflexion dans son hétérogénéité, c’est aussi accepter que Rigny ne soit jamais toujours le même. Refusant de s’identifier à une conscience prolétarienne, mais sans jamais se désidentifier entièrement, son rapport à sa classe est pris dans une tension permanente, évoluant au gré des événements, des vexations et des empêchements, des espoirs et des voyages.
Penser en sortant de sa classe
Rigny, né en 1787, est par bien des côtés un personnage ranciérien avant l’heure. Comme Louis-Gabriel Gauny (1806-1889), il ne cherche bien souvent qu’à sortir de sa condition d’ouvrier, et sa liberté, son émancipation, consiste avant tout à reconquérir un temps plein, à redistribuer le « vieux partage des hommes de loisir et des hommes de labeur »1 – y compris en empiétant sur son sommeil. Rancière le dit dès la première page de son ouvrage : la « nuit des prolétaires » n’est pas une « métaphore » mais bien ce « renversement du monde » qui « commence à cette heure où les travailleurs normaux devraient goûter le sommeil paisible de ceux que leur métier n’oblige point à penser » 2. Lorsqu’il démarre un emploi de pelletier à Besançon, Rigny raconte :
« En me couchant, mon arrière-gout pour l’étude se réveille encore ; je ne puis souffler ma chandelle sans lire quelques pages pour me dédomager de la contrainte des sacrifices et des travaux de la journée ».
La lecture est une forme de « dédommagement » vis-à-vis du labeur quotidien, et ce dédommagement ne peut être que nocturne, puisqu’il s’agit de se donner le temps qu’il n’a pas, que la condition ouvrière n’offre pas. Ailleurs, il indique : « J’écris quand j’en ai le temps ; ou bien le vol impunément aux travaux nourriciers, de ma petite et chétive machine d’humaine intellectualité ». Quand il le peut, il aménage donc directement son lieu et son temps de travail, comme lorsqu’il raconte que « quand le Dieu des vers daigne m’inspirer, je quitte mon travail, j’essuye mes mains enraidies par la chaux ou le tan, pour écrire ou crayonner, quelquefois à la craie, sur les murs, les tables ou planchés ce que son souffle divin me suggère ». Mais ce moment « délicieux », où le contexte de travail devient en une parenthèse d’intellectualité, ne peut être que temporaire, même si la nature du travail du Vésulien lui offre une certaine souplesse : « Souvent je travaille à la tâche manuellement, et sitôt qu’elle est remplie, je vole écrire quelques lignes, d’autrefois, je force le travail en y employent tout mon être avec la plus vive action, ensuite tout essouflé je vais reprendre haleine sur un livre en attendant ma tâche, où mes travaux du lendemain ». Ainsi, si ses « travaux sont souvent pénibles », Rigny est libre de travailler comme il le souhaite, et il ajoute même que son « travail des mains » laisse souvent sa « tête en repos », lui laissant la possibilité de penser, luxe rare dans le monde du travail3. En somme, tout comme le calme de l’atelier du cordonnier ou la liberté du menuisier racontée de l’intérieur par Gauny (1806-1889), le travail de Rigny est un obstacle au travail intellectuel, mais sa nature relativement libre est aussi ce qui lui permet de ne pas être totalement aliéné. De façon plus globale, Rigny soigne son temps libre, comme quand il reçoit la visite d’un ami :
« C’est un individu d’une ville voisine qui vient me rendre visite, je suis enchanté de le voir, l’entendre et lui parler, d’être une heure avec lui, mais quatre, c’est trop ; cet homme juste, honête, bon père, bon citoyen, qui ne fit jamais de tort à ses semblables, me vole impunément trois heures, il ne sait donc pas cet homme que le temps c’est la vie et qu’il est quelquefois plus précieux que la bourse. Il ne s’apperçoit point qu’il m’accable ».
La gestion du temps, Rigny le comprend, est au cœur du projet autodidaxique, que l’on peut définir comme la démarche solitaire d’appropriation hérétique de savoirs légitimes de la part d’individus peu dotés socialement. Le tanneur n’est pas dupe : « Artisan, je n’aurais jamais dû lire », écrit-il dans l’introduction à ses poèmes épiques. Il ajoute : « J’en veux quelquefois à mon destin de ce qu’il ne m’a pas placé à pouvoir me livrer à mes goûts ». Et ses goûts sont ceux d’un intellectuel, mais désajusté, car issu du peuple provincial. Dans le chapitre 11 de son Journal, nommé « La paix », il écrit :
« Heureux l’homme riche qui a cette passion et la vie pour loisir, il a le paradis sur la terre. Je me refuse toutes jouissances et dissipations pour donner à la litérature une heure que j’apprécie comme le vrai bonheur. Malheureusement mes travaux n’ont aucun rapport avec mon genre de délassement ; ne pouvant donner mon temps aux lettres en travaillant comme forçat ».
Rigny le sait, sa position sociale l’empêche de se tourner vers ses « délassements », à savoir ses activités intellectuelles. Mais plutôt que de le décourager, il redouble d’efforts, et se dégage toujours plus de temps intellectuel. Loin de le penser comme secondaire, cette dimension occupe des parties considérables de ses textes. Il va jusqu’à considérer ses délassements comme un véritable travail intellectuel – ce qui va avec la critique typique des autodidactes contre les héritiers dilettantes et fainéants4. Il note dans l’introduction à son Trésor :
« Je suis le fils de mes oeuvres, puisqu’on ne m’a appris qu’à lire et à écrire et qu’à douze ans je n’allais plus à l’école et qu’il me fallut travailler pour vivre. La lecture m’a servi pour m’apprendre et l’écriture pour noter ; paresseux qui avez dépensé pour savoir et qui ne voulûtes pas, vous qui n’avez pas les moyens, et vous qui manquez du temps nécessaire à vous instruire, profitez du labeur de l’artisan, ne mourrez pas dans l’œuf, venez à moi, petits poussins, je vais vous jeter des graines salutaires à la vie intellectuelle. Venez à moi ! Sans me compter au nombre des bienfaiteurs de l’humanité, vous ne m’en déclarerez pas l’ennemi ».
Intellectuel populaire, Rigny veut surtout ne pas passer pour un inutile, comme quand il souligne espérer que son poème lui survive, « prouvant à [s]es concitoyens qu’[il] ne fût point un désoeuvré ». Pensant parfois être touché par la grâce littéraire et doué d’un esprit vif, il se voit en fait comme un passeur entre la culture lettrée et les pratiques culturelles populaires très contraintes – les « petits poussins ». S’il cherche constamment à s’arracher à sa condition, à se « désidentifier », il n’oublie jamais d’où il vient.
Un cheval de Troie du monde social
Rigny se décrit lui-même comme un « artisan poète » et un « ouvrier poète », les deux expressions semblant à ses yeux interchangeables. Peut-être même comme philosophe populaire. Citant l’Abrégé analytique de la vie et des œuvres de Sénèque publié par Théodore Vernier en 1812, il écrit dans l’entrée « Philosophie » du Trésor que le « vrai philosophe travaille sans cesse à étendre ses connaissances, pour les propager et se rendre utile à la société et à ses semblables », définition qu’il ne renierait pas pour lui-même.
Il se pense comme une exception au sein de sa propre classe sociale, mais une exception malheureuse, tant ses aspirations le frustrent en se brisant sur la réalité sociale. Mais l’essentiel est bien là : s’il se conçoit comme un écrivain et comme un intellectuel, il n’oublie jamais qu’il n’est pas issu de cet espace social. Remettant en cause les hiérarchies sociales, il ne se désidentifie jamais entièrement à sa classe. Le poème qui ouvre le premier chapitre de son Journal est parfaitement clair :
« Ferais-je injure au sort qui me fit artisan,
Et fils d’un cordonier honête homme d’un temps !
Une grande naîssance étouffe l’industrie
Je ne dois point rougir de qui je tienne la vie ».
Rigny ne rougit pas et ne renie rien. Mais l’identification n’est pas totale, puisqu’il pense sa place sociale comme purement conjoncturelle, puisque c’est « le hasard » qui le « place artisan ». Il peut, dès lors, mettre en question l’ordre social et justifier sa volonté de déjouer son destin social. Il peut devenir un intellectuel et raconter sa vie. Le premier chapitre du Journal se conclut avec une dernière phrase, barrée : « Les premières années d’un artisan doivent offrir peu d’intérêt et il n’en offre guère plus quand il a vécu et perdu dans la foule de la dernière classe ». En effaçant cette pensée, Rigny soutient implicitement que cette vie vaut la peine d’être racontée.
Mais cette existence, il en construit le récit à sa façon, populaire. C’est que sa socialisation le conduit à marquer une distance vis-à-vis de l’intellectualité la plus pure. Parfois victime d’une certaine surdose intellectuelle, il va jusqu’à analyser cette ambivalence :
« Je sens deux êtres forts […] dans moi ; l’un pour les opérations du corps, et l’autre pour celles de l’esprit ; et pour les mettre d’accord, je les occupe tour à tour ; la vie matérielle s’anéantit dans l’un, l’autre semble se rajeunir et vivifier en donnant au corps une laborieuse distraction ».
Rigny est un être hybride, à la croisée des classes. Cette dimension de son existence le travail à plusieurs moments dans ses textes, comme quand il écrit : « La vie est dans l’action, dit l’artisan, l’industriel, le marchand, et le cultivateur, l’intérêt les force au travail. La vie est dans le repos, dit le riche ; elle s’use dans l’action. Pour moi je trouve une jouissance très douce dans le passage alternatif du travail et de la récréation ». Ses références gardent la trace de cette alternance, puisque se côtoient dans ses prises de notes le plaisir esthétique pur, celui des élites, et un rapport plus pratique aux idées. Il valorise souvent l’action, mais aussi les figures d’intellectuels du peuple, comme « l’ouvrier philosophe Cléante », dont il dit qu’il trouve qu’il « gagnait sa vie avec plus de grandeur et de dignité que Diogène qui mandiait et qu’Aristippe qui dinait à la table des tyrans ». Apparaît aussi plusieurs fois Adam Billaut, le célèbre menuisier de Nevers, à qui des bourgeois le comparent – comme un acteur parisien qu’il rencontre –, mais aussi à qui il veut s’identifier, collant au mythe de l’ouvrier-poète5.
Rigny n’est jamais à sa place, et il s’intéresse à tout, à la politique comme à la géographie, à l’industrie et aux inventions récentes, à l’esclavage et à l’histoire républicaine. Mieux, il se pense comme un observateur du monde social. Le chapitre 15 du volume 2, « courses diverses », s’ouvre par ce développement inattendu :
« D’où vient qu’un artisan marche en observateur
Est toujours curieux dans ses petits voyages ?
Se promène souvent ; sans être connaisseur
Disant tout ce qu’il voit de tous ses personnages.
Telle est ma nature de dire ce que je vois et ce qui m’arrive, comme celà se tourne dans mon esprit […]. Ne pouvant juger que de leur déhors, je les regarde faire, je les écoute ; je m’apperçois souvent que leurs actions ne ressemblent point à leur discours, chercherai-je les causes de cette dissemblance ? Non. Je me contente de décrire ce que je vois, entends, ressens, ce que je suis moi-même sans détour, c’est assez pour un artisan : c’est même trop, dit le patricien féodale ; “C’est sortir de sa sphère” ».
Ce regard observateur donne à partir de la fin du volume 2 une dimension plus politique et sociale au Journal. Le lecteur est alors plongé au début des années 1830, moment sans doute contemporain de l’écriture qui s’appuie alors moins sur des souvenirs que sur des notes quotidiennes. L’archive impose alors son « mode de lecture »6, plus attentif au temps vécu et aux sensations du vésulien. Le regard de Rigny est omniprésent, mais aussi la parole, tant les dialogues recopiés ou imaginés sont nombreux dans ces pages. C’est qu’il est contemporain d’une « culture de l’enquête » qui touche l’ensemble de la société en cette première moitié du XIXe siècle7. Mais Rigny, en donnant la part belle à ces « paroles » populaires, en faisant jouer un rôle à l’ouïe du lecteur, se distingue de nombreux écrits – y compris de La situation de la classe laborieuse en Angleterre d’Engels – qui, en se limitant souvent à la vision et aux yeux, enquêtent, en bon bourgeois, sans donner la parole aux ouvriers eux-mêmes. en exerçant8.
Rigny est au fond un homme double, appartenant au peuple mais par hasard, à son insu. Il va jusqu’à défendre l’idée qu’il est une sorte de cheval de Troie du monde social, destiné à écrire sur ses contemporains : « Je n’ai point choisi ma position sociale qui me rend presque nul sur la terre, je la tiens de la providence, car, j’y crois, elle me met à porté d’observer les masses sans qu’elles soubsonnent qu’un de leurs atômes s’en occupe ». Insoupçonné, car insoupçonnable, Rigny est bien l’un des leurs, un « atôme » un peu particulier. Il ajoute que « le philosophe est trop loin pour l’étude du monde, et que l’homme du monde en soit trop près ». Peut-être que l’artisan-poète est, lui, à une place idéale ?
Cette place, pourtant, ne sera jamais la bonne, et Rigny restera, toute sa vie, un « intellectuel d’intention », l’un de ceux « dont les origines sociales et/ou les parcours scolaires initiaux ne les destinaient pas à devenir ou à tenter de devenir ce qu’ils sont socialement et/ou culturellement devenus »9, mais qui porte en même temps toujours l’origine douteuse et sauvage de sa culture. Rigny est condamné à ne rester qu’une anarchive, tant il se trouve à la croisée des jugements sociaux. Celui de sa femme, d’abord. Quand elle surprend leur fille à lire un conte des Mille et une Nuits qu’une camarade de classe lui a prêté, Rigny écrit qu’elle lui « arrache des mains en lui disant avec humeur : nous ne t’avons pas fait apprendre à lire pour t’en former une passion, veux-tu faire comme ton père ? Savez-vous mademoiselle que le goût des livres entraine à la paresse, même à l’oubli de ses devoirs, et chez les hommes, les grands lecteurs sont les grands incrédules ». Il ajoute que sa femme lui a dit qu’il « est malheureux de lui appartenir » et qu’elle « se fait moquer de lui par ses bêtises ; monsieur se mêle de faire des vers, d’avoir l’audace de les montrer ; il ne s’apperçoit pas que tout le monde le montre au doigt ».
En soulignant les sarcasmes de autres citoyens de Vesoul, la femme de Rigny souligne que les pratiques intellectuelles sont mal vues dans sa classe sociale. C’est ce que viennent confirmer ses pratiques de lecture hétérodoxes. La lecture nocturne n’est pas juste un dédommagement, c’est un dédommagement empêché, presque impossible. Relisons plus longuement un extrait déjà mentionné :
« Après être bien fatigué des travaux de la journée, soit à la maison où dans un bastion sur le Doubs, ou je dessendais dans les chaleurs la chaîne du rempart, je me précipitais dans ses eaux claires et fraîches, je coupais leur courant en le luttant de mes bras fatigués et rentrais à la case comme ces anciens romains après avoir ainsi traversé le Tibre les délassant des travaux du jour. En me couchant, mon arrière gout pour l’étude se réveille encore ; je ne puis souffler ma chandelle sans lire quelques pages pour me dédomager de la contrainte des sacrifices et des travaux de la journée. On s’en aperçoit peut-être, n’est-ce pas par économie, mais on craint que je ne mette le feu à la maison, on me restreint à un pouce de bougie pour me coucher. Adieu donc littérature, objet de mes plus chers délices, heureux l’homme sans loisirs, qui n’a pas de goût pour vous ».
L’adieu à la littérature est donc aux jugements de ses pairs sociaux. Mais Rigny est, aussi et enfin, moqué par les élites. Lisons Weiss, dans la seconde mention qu’il accorde au tanneur dans son Journal :
« Notre pauvre province ne manque pas de fols présomptueux qui, sans étude régulière, se persuadent tout bonnement qu’ils sont des hommes de génie. Dans ma jeunesse, je me souviens d’en avoir compté jusqu’à six ou sept qui avaient fait imprimer les rêves de leurs cerveaux malades pour l’amusement de nous autres, toujours prêts à rire, même sans en avoir sujet. En voici un qui se dispose à entrer dans la lice qui nous aurait, je crois, bien divertis. C’est M. Rigny, tanneur à Vesoul ; le pauvre homme, parce qu’il s’est trouvé quelques dispositions à coudre des rimes, se croit poète et il vient de m’adresser sous le titre singulier de Ramas de rapsodies un poème à l’honneur des armées françaises. Le poème divisé en vingt chants ou rapsodies est accompagné de toutes les pièces préliminaires qui semblent prouver que l’auteur a le projet de soumettre son ouvrage au jugement de la masse des hommes. Je ferai mon possible pour l’en empêcher » 10.
Si Weiss dit qu’il fera tout son possible pour empêcher Rigny de publier ses écrits, les rappels à l’ordre des élites sont aussi plus insidieux. On imagine que ces assignations à la folie (« fols présomptueux », « cerveaux malades ») et ces injonctions à l’abandon de ses prétentions intellectuelles sont si fréquentes qu’elles sont largement intériorisées par Rigny. Dans ces moments de vexations, il fait souvent sien un poème de Boileau : « Soyez plutôt maçon si c’est votre talent / Qu’écrivain du commun ou poëte vulgaire ». Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. Weiss, malgré lui, livre une information capitale. Ce Ramas de rapsodies est un texte encore inconnu, mais qui, par cette mention, n’est pas entièrement englouti par l’oubli. Rigny est loin d’avoir livré tout son imaginaire.
1 Jacques Rancière, Les scènes du peuple : les révoltes logiques, 1975-1985, Paris, Horlieu édition, 2003.
2 Jacques Rancière, La nuit des prolétaires. Archives du rêve ouvrier, Paris, Pluriel, 2012 [1981].
3 Flora Tristan écrit par exemple à propos d’ouvriers dijonnais : « Il faut travailler 12 à 15 heures sur 24 pour pouvoir manger ! Quelle galère ! Pas un instant pour penser, pour lire, pour se reposer, pour causer avec un ami », cité par Isabelle Matamoros, « Émanciper les ouvriers par la lecture ? Flora Tristan et l’éducation par le livre », in Nathalie Brémand (dir.), Bibliothèques en utopie. Les socialistes et la lecture au XIXe siècle, Villerbanne, Presses de l’Enssib, 2020, p. 115-128.
4 Claude Fossé-Poliak, La vocation d’autodidacte, Paris, L’Harmattan, 1992.
5 Né en 1602, il est surnommé le « Virgile au rabot » en raison de la beauté des vers qu’il écrit malgré sa position d’ouvrier. Malgré le fait qu’il s’agit largement d’une construction des lettrés de l’époque – Billaut n’est pas ouvrier -, le menuisier de Nevers a eu une postérité énorme, toujours vive au début du XIXe siècle. Voir Dinah Ribard, Le Menuisier de Nevers. Poésie ouvrière, fait littéraire et classe sociale (17e-19e siècle), Paris, EHESS/Gallimard/Seuil, 2024.
6 Voir l’entretien donné par Jacques Rancière à Guillaume Gesvret pour notre revue : https://abasbruit.org/2025/12/07/entretien-avec-jacques-ranciere/
7 L’expression est de l’historien Dominique Kalifa. Je me permets de renvoyer ici à l’introduction d’un numéro de la revue Consecutio Rerum intitulé « Philosophie politique et écritures du travail » que j’ai co-dirigé et qui revient sur ces enjeux : https://www.consecutio.org/wp-content/uploads/2024/10/CR-16.pdf
8 Je reprends cette idée, ici un peu tordue concernant Engels, à Gareth Stedman Jones Gareth, « Voir sans entendre. Engels, Manchester et l’observation sociale en 1844 », Genèses, 22, 1996, p. 15-16.
9 Claude Fossé-Poliak, La vocation d’autodidacte, Paris, L’Harmattan, 1992.
10 Charles Weiss, Journal, 2 (1823-1833), op. cit., p. 328.
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