La revue

  • La revue À bas bruit. Des paysages anarchiques fait le pari que l’entraide, l’attention portée à la fragilité de ce qui diffère, sont des manières de s’insurger. À travers enquêtes et entretiens, analyses, lettres, expérimentations littéraires, elle est pensée comme une archive d’expériences qui surgissent dans les interdépendances par lesquelles s’instaurent des milieux de vie singuliers : dans les mondes du soin, à l’école ou avec des réfugiés. En Seine-Saint-Denis, en Creuse ou au Mexique. Là où des êtres n’existent qu’en faisant exister d’autres êtres, qui en retour les font exister. Car partout, dans des rapports inattendus, dans le tissage de liens, des lieux se soustraient à la brutalité de la négligence, font naître de nouvelles formes de communauté.

    *

    Le monde devient une scène – dont nous ne serions que les spectateurs impuissants – où se jouent la progression du ravage des milieux de vie, les massacres à grand spectacle agréés par la planète libérale, les nouvelles Unions Sacrées qui ouvrent en grand les portes de l’abîme, un management ricanant armé de saluts nazis pour cultiver un eugénisme new age, les gesticulations d’une violente idéologie propriétaire paranoïaque, la décomposition des scènes politiques… Un monde saturé d’images qui nous absentent du monde, enserré dans le maillage asphyxiant de connexions qui anéantissent les liens. Et puis encore, devrions-nous être condamnés à assister à la farce de représentants auto-proclamés qui prétendent à nouveau guider le peuple, ressuscitant des sujets fantasmagoriques dans un paysage d’atomisés ? On le sait : la représentation rend fou.

    Et pourtant… Les résistances prolifèrent qui fissurent la cage de fer de la totalisation sociale, faisant bégayer les régimes d’intelligibilité qui assignent des sujets à leur identité.

    Comme le rappellent David Graeber et David Wengrow, on peut définir l’État, y compris dans ses institutions, non par ce qu’il est mais par ce qu’il n’est pas, par ce qu’il ne peut pas être : à chaque fois que des formes de communauté insistent en échappant aux gouvernements ; lorsque de nouveaux liens permettent de fuir les enclosures de la valeur où se rassemblent des foules de moi hypnotisés par eux-mêmes ; quand des régimes de sensibilité subsistent entre les êtres qui conjurent l’abrutissement identitaire. Et ce sont alors des gestes d’hospitalité qui surgissent.

    On voudrait nous exiler du monde alors que c’est le monde lui-même qui est en train de s’exiler. Si l’expérience de la migration est au cœur des révolutions à venir, c’est que le migrant est toujours un émigrant qui transporte des mondes que nous voulons honorer : les mondes des transfigurations qui permettent au moi de sortir des prisons de ce qu’il est, de s’engager dans ce qui lui est étranger, faisant surgir des éthopoïétiques où s’enchevêtrent des manières d’exister.

    Comme le suicidaire se précipite dans l’eau, je me précipite dans le monde, toutefois je ne trouve pas en lui la mort, mais la vie. Tuer le moi permet au moi-monde de vivre, disait Landauer.

    L’affirmation des formes de vie, leur singularisation, ont leur part du négatif qui résulte de la destruction des places et des assignations – celles qui constituent le monde social avec ses machineries de dépossession. Il s’agit de cesser de se complaire dans un statut de dominés, qui nous dicte ce que nous sommes, pris dans un inassouvissable besoin de reconnaissance, celle que nous accorderont nos maîtres. Mais plutôt de lutter contre la dépossession, de nous embarquer dans ce que nous ne sommes pas encore, dans ce que pouvons devenir lorsque nous rencontrons l’infinie variation des relations entre les êtres, rendant possibles des formes de réappropriation de la différence par laquelle s’affirment des vies anarchiques.

    Le Même

    nous a

    perdus, le

    Même

    nous a

    oubliés, le

    Même

    nous a – –

    Paul Celan

    Les contributions régulièrement publiées par la revue A bas bruit seront autant de prétextes à des rendez-vous pour que des rencontres, des échanges et des manières de nous lier puissent avoir lieu.

  • Actualité stratégique ou de la vertu des défaites constructives

    C’est un fait acquis : il faudrait prendre le pouvoir pour que tout cela cesse. Tout cela : le péril électoral d’extrême droite, la destruction planétaire, la militarisation croissante du monde qui accompagne à Gaza un génocide, au Soudan des massacres sanglants, au Vénézuéla un coup d’État impérialiste fièrement revendiqué, en Ukraine, tous les préfixes à tous les fascismes, de ceux qu’on dit techno-fascistes à ceux, qui sont peut-être les mêmes, qu’on qualifie de libéral-fascisme. Tout cela est notre présent : litanie de désastres qui s’empilent et se confondent, grotesques et formidables, au prix d’une sidération qui ne semble plus devoir prendre fin sauf à imaginer d’autres futurs possibles à ce présent. Justement, le futur imaginé qui répond à tout cela repose sur une idée simple : prendre le pouvoir pour faire advenir ce futur meilleur. La stratégie, il n’y a que ça.

    Comment d’ailleurs aller contre cette logique de l’évidence ? Ne faut-il pas tout faire pour qu’au plus vite, les enfants de Gaza cessent d’être assassinés ? Que faire d’autre que se résoudre à empêcher au plus vite les destructions de la planète, à contenir les menaces impérialistes qu’un Trump fait peser sur tous les peuples ? Présent saturé de menaces gigantesques, qui impose une austérité et un autoritarisme logiques : il ne faut plus qu’il y ait, ouverts, différents possibles entend-on dans une lassante ritournelle ; mais seulement le plus incontestable.

    Le 17 janvier, nous nous réunissons autour des premiers textes publiés par À bas bruit, de ceux qui viennent et de ce que nous souhaitons faire en plus des textes. Réunion d’ami·e·s, que préoccupe et sidère cet état de choses. D’autres désastres s’ajoutent : la situation des exilés en France suite à l’application de la loi Darmanin, la destruction de la mer Méditerranée, les milices fascistes d’ICE à Minneapolis. Alors que l’un d’entre nous témoigne de la situation dans le Minnesota, d’autres s’interrogent sur les conséquences concrètes de l’arrivée au pouvoir du RN. Le défaitisme affleure, mais quelque chose résiste. On propose des rencontres possibles, des textes à venir. On ne veut pas faire œuvre d’information, on ne réagira pas à l’actualité, mais on fera quelque chose. D’autres amitiés à aviver, à faire naître, pourront apporter leurs réponses, qui auront aussi leur part d’impuissance.

    Détour par un certain passé auquel on revient sans cesse – on n’oserait guère dire qu’il nous hante. Espagne, mai 1937. Le PCE, obéissant aux orientations stratégiques de Staline, trahit la révolution et déclenche un conflit qui fait basculer le camp républicain. Helmut Rüdiger se souvient, dans un essai écrit en 1940 :

    Le problème de savoir si la CNT devait « aller jusqu’au bout », se chargeant seule des affaires publiques […] fut soulevé plusieurs plusieurs fois […]. « Devons-nous oui ou non prendre le pouvoir ? ». C’est en ces termes que les représentants de l’organisation résumaient le problème de ces journées sanglantes. Mais étant anarchistes, que voulaient-ils dire par « pouvoir » ? […]

    Mais puisque le 3 mai 1937, la masse de la CNT, représentant la majorité du prolétariat industriel catalan, était en conflit ouvert avec toutes les organisations représentant les autres couches sociales […] (la petite bourgeoisie, les intellectuels, la grande masse des paysans catalans, à savoir, les rabassaires [métayers], les employés de bureau, les techniciens, etc.), la question du « pouvoir » devenait pour la CNT à ce moment-là celle de savoir si elle devait écraser tous ceux-là, en concentrant entre ses mains le monopole de la direction politique, et en créant aussi, naturellement, son propre appareil répressif qui était nécessaire pour empêcher que les « écrasés » ne resurgissent. La réponse fut « non » […]1.

    Ni la guerre, ni les massacres, ni l’extrême droite qui menace ne manquent pour ces réflexions stratégiques menées au sein du mouvement anarchiste espagnol à l’apogée de son drame historique. La décision est prise lucidement, rappelle Rüdiger : les membres de la CNT ont une conscience aiguë que leur décision de ne pas prendre le pouvoir entraînera la victoire des staliniens et leur mainmise sur le camp républicain ; ainsi qu’à terme la défaite face aux fascistes. Le choix qui est fait est celui d’une défaite réfléchie, et avec elle les morts, les blessés, les exilés.

    Laissons les défenseurs contemporains de Juan Negrìn et du PCE expliquer qu’eux seuls avaient raison. Nous nous plaçons du côté de cette défaite, non pour l’appeler de nos vœux, mais pour dire que cette défaite est la principale victoire laissée par les anarchistes espagnols en legs pour l’antifascisme à venir. Il n’est pas question de prendre le pouvoir! La question du pouvoir est secondaire par rapport à celle de la conjuration de ce qui empêche des futurs désirables : que nos expériences ne soient pas empêchées, détruites. Quel monde produira une stratégie aussi tyrannique pour le présent ? Au sein du drame, ce que nous comprenons de cette décision de mai 1937 est une attention à ce qui importe le plus et qui n’a d’intérêt que dans sa capacité éprouvée à déjouer la politique et qui se jouait dans le quotidien ordinaire des quartiers de Barcelone et des villages d’Aragon.

    Un « défaitisme constructif 2» (Heiner Müller) commence en prenant acte de là où nous en sommes en conjurant les prétentions des impératifs stratégiques, qui nous font croire que la gauche est prête à prendre le pouvoir si jamais…

    Où en sommes-nous, alors ? Un peu comme tout le monde, à tenter de conjurer au quotidien le tragique et le grotesque d’une actualité qui n’est « nôtre » que par tant d’obligations. Quel est le nous qui est convoqué, sa composition, ses lignes de vie qui sont aussi des lignes de fuite, pour qu’elles cessent d’envelopper – et d’asphyxier – des mois atomisés, rassemblés, représentés, à gouverner? Quelles sont les puissances de l’inactuel qui œuvrent clandestinement dans l’actualité pour faire advenir le réel du possible? Nous parlons alors des régions invisibles où se tissent les enchevêtrements d’expériences qui ne se laissent pas tétaniser par une actualité nourrie d’« actualités » catastrophiques.

    Ce n’est pas grand-chose et ce n’est pas nouveau : nous voulons cultiver l’amitié, espérant toujours que ses constellations vont s’élargir À cette actualité qui nous impose de trouver à cette ordinaire amitié des airs d’insuffisance et de naïveté, nous lui opposons l’idée que rien ne sera laissé en héritage par ce présent dystopique si ce n’est des attentions sincères portées aux milieux de vie vulnérables, traqués, menacés, disloqués, atomisés, effrayés. Dans son Discours de la servitude volontaire, La Boétie fait de l’amitié la meilleure résistance contre la tyrannie : idée inactuelle où se fait jour un présent à toujours reprendre, où quelque chose se fait et se donne à entendre, qui mérite qu’on en témoigne.

    « N’y a-t-il personne ici? » dit le Voyageur,

    Frappant à une porte éclairée par la lune;

    Et son cheval dans le silence mâchonnait l’herbe

    Du sol de la forêt recouvert de fougères […]

    Oui, ils entendirent son pied sur l’étrier,

    Et le bruit du fer contre la pierre,

    Et le silence qui se retirait doucement,

    Quand les sabots furent partis. »

    Walter de la Mare, The Listeners.

    1 Helmut Rüdiger, Ensayo critico sobre la guerra de España, 1940, cité par Burnett Bolloten, La Guerre d’Espagne. Révolution et contre-révolution (1934-1939), Marseille, Agone, 2014 [éd. Orig. 1991],p.597-598.

    2 Lettre à Reiner Stenweg, cité dans https://entetement.com/conversation-avec-balise-ouvrante/


  • Quitter les scènes

    Nous avons les déchaînements de la violence des États ; mais aussi sa mise en spectacle.

    Nous avons des agents du désastre, leur crétinisme et leur brutalité ; on nous affligera aussi avec les envahissantes scènes où ils paradent.

    Nous avons l’implosion sociale, l’affaissement des pratiques d’émancipation, la dislocation des communautés de lutte ; et nous devons nous coltiner les bavardages incessants de celles et ceux qui s’acharnent à vouloir nous représenter.

    Nous assistons consternés à un revival bolchevique suranné ; nous aurons aussi la sinistre dramaturgie où s’agitent ses têtes de gondole, brandissant leurs clichés, leurs identités, leurs sujets, leurs rêveries impuissantes d’hégémonie.

    Dans un régime universel de sur-exposition de soi, le succès d’une proposition politique semble se réduire dorénavant au nombre de followers que les têtes d’affiche d’un avant-gardisme sinistré peuvent revendiquer. Avis aux néo-gauchistes : dans un monde saturé d’images, asphyxié par la communication, vous ne parviendrez jamais à concurrencer Trump, Milei ou Elon Musk lorsqu’ils s’adressent aux atomisés.

    Le monde est devenu malade de sa représentation. Et c’est la prétention exorbitante de celles et ceux qui s’obstinent à vouloir représenter les exploité.e.s, les dominé.e.s, les opprimé.e.s, les subalternes qui contribuent eux aussi à le rendre inhabitable, à nous en absenter. Qu’à l’occasion de telle ou telle élection puissent se composer de nouvelles formes d’antagonisme, que de nouveaux liens soient réactivés pour éjecter un énième salaud qui gouverne, n’invalide en rien la nécessité d’un décentrement à l’égard des machineries de la représentation et leurs (très mauvaises) scénographies.

    Et pourtant des résistances persistent. Ainsi à Minneapolis, où des gens seulement armées de courage et mus par le sens de l’entraide ont fait plier les milices fascistes de l’ICE, au cœur d’un exercice de violence et d’intimidation, soutenues par des dispositifs de contrôle à l’ampleur inédite que les géants du numérique ont mis à contribution. Il y eut les coups de sifflets, les courses faites pour le voisin menacé, les enfants qu’on protège des miliciens, les patrouilles destinées à empêcher l’arrestation ; soit tout un art de la résistance qui conjure la grandiloquence affectée dans laquelle on veut enclore les manières de combattre les désastres.

    Quitter les scènes


    Avec la revue A bas bruit, nous voulons faire exister une pluralité de voix, malgré le racket de celles et ceux qui veulent nous imposer les voix monocordes des identités. Car l’identité est corrélée à l’implosion sociale et au paysage d’atomisation. Que cette atomisation conduise à la réactivation des fascismes d’une nouvelle espèce, à des fusions identitaires, à une renationalisation des affects, à la haine de l’étranger, de l’irrégulier, de ce qui diffère, ce n’est pas un scoop. Mais que le camp de l’émancipation soit de plus en plus aimanté par la forme Parti, inséparable de la référence à l’État, revendiquant la souveraineté nationale, faisant mine d’oublier que les frontières sont un crime, nous laisse atterré∙e∙s. Que des polices des identités parcourent l’ensemble du spectre politique nous asphyxie. Disons-le encore une fois : l’émancipation a toujours été inséparable des formes de vie irréconciliables avec les assignations sociales, elle est un mouvement de désidentification. Quel est votre métier ? Prolétaire, répondit Blanqui à son juge dans un geste de refus de son identification policière.

    Enquêtes

    Si nous faisons vivre des propositions théoriques, c’est toujours en restant arrimées à l’expérience. Nous voulons cultiver l’attention portée aux formes de vie ordinaires, à leurs quotidiennetés incertaines, à ce qui demeure invisible et où subsistent des régimes de sensibilité partagés, des entraides, des formes de coopération, là où des hospitalités se soustraient à l’administration de la vie sociale. Nous voulons quitter les scènes de la politique pour que l’incarnation de nos liens dans des lieux, des nouvelles communautés attachées à leurs anciennes histoires, ouvertes à celles à venir puissent être possibles. L’enquête est au cœur de notre proposition. Témoigner et en même temps se laisser embarquer par ce qui résiste, par ce qui ne se laisse pas capturer par des interprètes, qui ne se soumet pas à des stratégies armées de leurs abstractions. Partout fabriquer des passages entre des mondes. Dans les villes et leurs quartiers récalcitrants, dans un campement de migrants, dans les institutions qui implosent, dans des campagnes qui font sécession.

    Chaque « ici » résonne avec de lointains ailleurs. Il n’y a pas d’ici respirable sans des ailleurs qui les font exister autrement. Il n’y a de « nous » qui puisse tenir sans que des étrangers ne viennent en troubler l’identité.

    Dehors

    Nous voulons fuir l’aveuglante clarté des clichés qui nous enferment dans une intériorité sociale asphyxiante où se distribuent des collections de « moi » esseulés. Nous voulons explorer les pénombres, déambuler dans les paysages anarchiques où se logent les arts des sourdes résistances et des futures insurrections. Nous fuyons l’idéologie, ses mortelles abstractions et ses doctes interprètes.

    Effacer les frontières : non plus occuper l’espace, ni se laisser transporter d’un point à un autre, ne plus être un nœud dans le maillage des connexions mais habiter des lieux, déambuler dans les régions transitives de l’expérience, participer à ses compositions et décompositions, être attentifs aux formes de vie irrégulières, accueillir ce qui nous est étranger et qui nous permet d’être plus que nous-mêmes.

    Association, fédération, alliances, entraide, et surtout attention à ce qui diffère : voici les mots simples qui reviennent des anciens temps pour nommer les insurgences et les résurgences anarchiques, la lutte contre la dépossession, les lignes de fuite contre ceux qui veulent nous gouverner.

    Anarchives

    Laisser des traces pour les temps à venir, et en même temps accueillir les spectres du passé. De ce présent en ruine, que voulons-nous laisser en héritage ? Comment sortir de la stupeur du présentisme, s’engager dans des formes génératives pour que des nouvelles communautés adviennent? Comment conjurer le désastre de la reproduction sociale, ses fabriques de l’atomisation, ses inévitables fusions identitaires et l’incarcération de nos liens ?

    Alors, il faut à nouveau recommencer. Au début, ce fut le recommencement. Ici, là-bas, partout, ailleurs. Car tout commence, non pas par une origine nous enchaînant à la mécanique de causes et des effets, mais par le milieu ; au milieu du temps et des lieux. Ceux que nous pouvons habiter et que nous pouvons faire exister. Le monde tel qu’il existe n’est pas vrai, disait Ernst Bloch.

    Un chemin peu emprunté peut subsister à l’état de trace, prêt à être réactivé. L’architecture de la résistance pourrait ainsi comprendre des zones de bas bruit qui préservent une énergie disponible. Certaines voies restent actives sous la surface, prêtes à se rouvrir.

    Chowra Makaremi.

C’est à dire

Quitter les scènes


Nous avons les déchaînements de la violence des États ; mais aussi sa mise en spectacle.

Nous avons des agents du désastre, leur crétinisme et leur brutalité : on nous affligera aussi avec les envahissantes scènes où ils paradent.

Nous avons l’implosion sociale, l’affaissement des pratiques d’émancipation, la dislocation des communautés de lutte ; et nous devons nous coltiner les bavardages incessants de celles et ceux qui s’acharnent à vouloir nous représenter….

Un chemin peu emprunté peut subsister à l’état de trace, prêt à être réactivé. L’architecture de la résistance pourrait ainsi comprendre des zones de bas bruit qui préservent une énergie disponible. Certaines voies restent actives sous la surface, prêtes à se rouvrir.

Chowra Makaremi

Marble statue of Sappho on side profile.

À bas bruit

Des paysages anarchiques