Rencontre le samedi 9 mai 2026
Luttes et résurgences de communs contre les pollutions en Tunisie

Ultras Gabès, Colère pour la dignité, 2025

Samedi 9 mai 2026 à 14h, à Darna.

86, rue Alexis Pesnon à Montreuil.

La revue À bas bruit propose une rencontre autour de la projection du film Gabès Labess (2014) d’Habib Ayeb (géographe), suivie d’une discussion en présence de Moez Elbey (journaliste indépendant et animateur du Projet Ba7ath), de Safouan Azouzi (chercheur spécialiste des pratiques locales de commoning) et de Frederic Sultan de Remix the commons.

La rencontre se conclura, en musique, par un concert de Hadi & Hadi (oud)

Les peuples veulent la fermeture des usines !

C’est le cas à Gabès, en Tunisie ‒ unique oasis maritime au monde, nurserie historique de tortues, de requins et de raies en Méditerranée, source millénaire d’une agriculture vivrière luxuriante au cœur d’un pays en proie à la sécheresse extrême et à la pauvreté. Gabès, où les usines de transformation du phosphate du Groupe chimique tunisien et de Phosphéa, filiale du groupe français Roullier, vident les nappes phréatiques, déversent dans la mer des boues radioactives saturées en métaux lourds, et répandent à des kilomètres à la ronde des fumées toxiques chargées en particules fines, oxydes de soufre, ammoniac et fluorure d’hydrogène.

Gabès, où les usines déciment la biodiversité, sèment la mort et font exploser les taux de cancer, d’asthme sévère et de fluorose osseuse ‒ pour produire les engrais et l’alimentation animale, ces déversoirs de polluants, et notamment de cadmium ‒ auxquels carbure l’agriculture intensive et productiviste européenne, et notamment française.

Gabès, où se mobilisent depuis cinquante ans, de plus en plus fortement — à la suite de la révolution de 2011 (elle-même précédée, rappelons-le, par une intense grève au sein des mines de la Compagnie des phosphates de Gafsa) : les oasien·nes, les riverain·es, les ouvrier·ères du groupe chimique, les pêcheurs, les malades du cancer, les familles des enfants intoxiqué·es pour exiger la fermeture des usines. 

Cette rencontre sera aussi l’occasion d’entendre le récit des luttes et des résurgences de pratiques collectives que le mot « communs » ne saurait qu’imparfaitement résumer, car à Gabès, il ne s’agit pas de résister à une pollution parmi d’autres, mais de lutter contre la destruction systématique d’un territoire et de la mise à mort lente des formes de vie qu’il rendait possibles.

Gabes Labess (bande annonce film)

Remix the commons

Pour une controverse autour du communalisme dans le cadre des travaux de Remix the commons, voir ici.

Vous pouvez lire un article de Safouan Azouzi, co-écrit avec Loredana Di Lucchio :

« Design as/for Common(s): Decolonial Participatory Experiences for Post-Capitalist Resilient Future(s) »,

Par les mêmes auteurs :

« Design After the Anthropocene »

Et écouter le podcast :

Safouan Azouzi: Lessons of Desert Oases for Eco-Resilient Transformation

Darna est la Maison des Peuples et de l’Exil, lieu pluriel d’hospitalité qui accueille tout à la fois : un café, une cantine coopérative, des récits de luttes ici et ailleurs, des activités d’entraide et de partage des savoirs.

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