Signes de vie
Troisième mouvement : se souvenir

,
Note manuscrite avec le titre 'La intempérie / la cuarteadura', écrite à la main avec des annotations.

Dans l’Antología de la poesía contemporánea d’Alfonso Calderón, photo Bruno Montané

Voici la fin de l’enquête de Samuel Monsalve à Port-Vendres (les épisodes précédents sont à lire ici et ici). Nous remercions Bruno Montané Krebs et Ana María Chagra, éditeurs d’Ediciones Sin Fin à Barcelone, ainsi que Mowgli Zendejas et Nadja Zendejas, enfants de Mario Santiago Papasquiaro, pour les documents cités, traduits ou reproduits ci-dessous.

J’ai essayé de reconstituer l’errance européenne de Mario Santiago, entre le moment où il arrive de Mexico à Paris à l’automne 1976, et le jour de son départ pour Israël, le 2 novembre 1977. Alors que je transcrivais ces impressions de voyage, j’ai réexaminé les documents que B. m’a montrés la première fois que je lui ai rendu visite, au mois d’avril 2024. J’ai souvent repassé les photos que j’en ai prises sans parvenir à les comprendre très bien. Je crois désormais plus ou moins y parvenir.

Mario Santiago a débarqué à Barcelone au mois de janvier 1977 et durant les mois qui ont suivi, il a composé la plupart des fragments poétiques qui se retrouvent dans son ouvrage Sueño sin fin, publié par Ediciones Sin Fin en 2012. Le 24 mars 1977, sur les pages de l’Antología de la poesía chilena contemporánea d’Alfonso Calderón, qu’il exproprie à Bruno Montané (il signe et date la page de faux-titre après en avoir barré le nom de son ami), il écrit ceci au-dessous des mots Mario Santiago à ciel ouvert : à même la faille :

Le vagabondage fait

de mes tendons une fête

(que mes microbes-astronautes

le disent)

de mes cheveux longs des ronces

Et ma façon de faire de l’autostop avec moi-même

quand apparemment les chemins s’évaporent

Le 2 juillet 1977 Mario Santiago était à Port-Vendres. Il y a fait halte sur le chemin de Paris, alors qu’il songeait déjà à quitter l’Europe. Ce jour-là, il a écrit sur la dernière page d’un autre livre de la bibliothèque de Bruno Montané, l’Antología de poesía hispanoamericana contemporánea : 1914-1970 de José Olivio Jiménez. Une sorte de carte postale ou d’autoportrait. Peut-être un haïku.

(Port-Vendres) 2/Juillet/77

*

1 vers de Gorostiza où

les cigales

sont des boîtes à musiques

fourrées dans l’herbe

mais moi le thorax abandonné des montagnes

& les noires gencives des ponts

me séduisent plus

*

((je ne suis pas marin au torse chevelu

ni gardien de chèvres estompé))

*

Ni berger, ni guerrier, ni cigale, Mario Santiago congédie l’Énéide autant que les Bucoliques et les Géorgiques, comme si dans l’anse hypergéométrique de Charles de Wailly, il s’était occupé à méditer une révolution radicale du mode d’existence poétique, la recherche d’une tout autre manière d’être au monde.

Le 9 août, le revoilà toutefois en-deçà de la frontière espagnole. À Boldú, aux abords de la ville catalane de Lleida ou Lérida en espagnol, il ramasse de « petites pommes vertes » dans une exploitation agricole. Sur l’enveloppe envoyée ce jour-là au « Camarat Bruno » pour lui demander des « nouvelles des vendanges », Mario Santiago utilise le nom de lieu castillan. Je ne sais pas où est passé le contenu de cette enveloppe, mais cette dernière vaut une missive à elle seule. Adepte de l’art postal, Mario Santiago annexe en effet volontiers la surface blanche exposée de ses courriers pour délivrer des messages tonitruants. Le 9 août, il semble se préparer à un départ imminent, comme en témoigne la fin du propos qu’il tient sur l’enveloppe :

Mettez tous les timbres que vous pourrez pour que vos lettres ne tardent pas des semaines à m’arriver → CRACHONS SUR HEGEL → Chau

Les trois amis avaient-ils prévu de se retrouver quelque part à la fin de l’été pour travailler ensemble dans un vignoble ?

Les documents que Bruno m’a montrés renfermaient encore une carte postale non-datée manifestement rédigée à Perpignan ; ainsi qu’une lettre envoyée de Paris le 21 octobre 1977, soit une douzaine de jours avant que Mario Santiago ne quitte le continent, dont l’adresse d’expédition est le 102 rue de la Tour, dans le 16e arrondissement. Vraisemblablement une chambre de bonne alors habitée par l’artiste péruvienne Margarita Caballero.

Je me suis beaucoup interrogé sur le contexte de la carte postale non-datée griffonnée à Perpignan. J’ai d’abord imaginé qu’elle était consécutive au séjour de juillet à Port-Vendres et que, devant l’impossibilité de trouver du travail auprès d’un vigneron français, Mario Santiago était repassé du côté espagnol dans l’exploitation des environs de Lleida. Pourtant, imagine-t-on entamer des vendanges au mois de juillet ?

L’autre hypothèse, chronologiquement plus convaincante mais géographiquement déroutante, est qu’après avoir rendu visite à Osvaldo puis travaillé quelques semaines à Boldú, Mario Santiago se soit arrêté à Perpignan dans l’espoir d’amasser encore un peu d’argent pour son voyage. De là, comme on va le voir, il se sera vu contraint de retourner à Port-Vendres, petite ville où il fera sa dernière halte en Catalogne avant de reprendre son grand mouvement.

J’ai traduit cette carte postale. J’éprouve l’image qui en troue les dernières lignes, celles-là-même qui me suggèrent l’existence d’un deuxième séjour :

À Perpignan / où sinon ? l’odeur en silicone des affiches des films pornos et les crottes (puits vide) oculaires des Backpackers qui envahissent les patios de la Gare* en mode statues lumpen/ me font bailler/enfin, tagger dans le toilette* du tabacbar* le plus proche 1 graffiti – coup de pied très express & bien senti VOUS ME LE PAIEREZ, – & bailler /

À la Maison de la agriculture section main d’ouvre[sic]* & au Bureau Nat. de l’Emploi (Je préfère suivre l’orthographe de mes collègues de la Col. Agricole Orientale près de la Villa) où j’étais censé obtenir le calendrier exact des vendanges / qui dans le coin ne devraient pas commencer avant une 15aine de jours / on me récite de mémoire la Nouvelle (/dessin de croix gammée/) Loi Barré & que si je n’ai pas de Permis de Travail ou ne suis pas français ou étudiant légalement en France ou Membre (junior) de la Communauté Européenne (le fameux Merde Commun) je n’ai pas le droit d’offrir ma plus-value même à la vendange ou dans les kermesses éventuellement organisées par le CentreIndépendant de clochards / BREF : Plus que 2 Minutes et je commence (carte&amulette) en Main mon pèlerinage (remember me) (orpailleurs du bon vin) le long des clôtures-props privée de ces campagnes.

Vous Aurez Bientôt De Mes Nouvelles : Je m’en vais, car 1 vent à gueule d’autostop est en approche : vos amis Osvaldo & Mónica, étrangement aimables : Port-Vendres comme toujours serein et à son affaire tel un dauphin qui se regarde dedans. // Mario1.


Quels que soient les accidents de parcours, j’aime à penser que le poète, l’espace des mois que dure l’été 77, hante la Catalogne comme un spectre portant la mémoire à demi-consciente des insurgés exilés ; ressuscitant, tandis que cavale la bande à Baader, l’errance des partisans, experts dans l’art de passer entre les mailles du filet jusqu’à ce qu’une fois de plus, vienne la nuit, sonne l’heure, semant sur son passage une pluie de signes de vie qu’il nous revient de cueillir.

J’ai appelé B. pour en savoir plus sur la question des vendanges. Je lui dis avoir le sentiment que, sans le savoir, Mario Santiago s’est retrouvé dans la situation de tous ces républicains qui, cherchant du travail agricole en France, se sont heurtés aux règlements de police et à la suspicion plus ou moins vive des habitants. B. me dit qu’évidemment, la police était source de tracas.

« La dernière fois que j’ai fait les vendanges, à Trouillas, en 1985, c’était particulièrement tendu. Des gens faisaient le guet et quand les vignerons avaient vent de potentielles visites des inspecteurs du travail ou de la police, ils nous faisaient changer de parcelles. » Les vendanges en France, m’explique-t-il, étaient providentielles. « Pas seulement parce que le salaire était un multiple de celui que nous aurions touché en Espagne, mais aussi parce que, nourris et logés, nous passions de bons moments dans les vignes. Nous avions ensuite de quoi vivre et écrire pour plusieurs mois. »

B. éclate de rire quand je lui demande s’il avait prévu de retrouver Roberto et Mario pour travailler en leur compagnie à la fin de l’été. « Très peu probable. Pour des raisons de tempérament, j’ai toujours évité de m’embarquer dans ce genre d’aventures avec Roberto. » Quand je lui demande si ses deux amis ne se seraient pas retrouvés seuls, il hésite. « Roberto m’a dit qu’il avait été porteur, mais je ne sais pas si ce fut cette année-là, ni si ce fut avec Mario Santiago… »

Il y aurait une façon séduisante de résoudre les hésitations portant sur l’existence ou non d’un second épisode port-vendrais de Mario Santiago. Pour cela, il suffirait de tenir pour vrai dans ses grandes lignes l’épisode et la chronologie retenue dans Les Détectives sauvages.

Dans le chapitre 8 de la deuxième partie du roman, Arturo Belano se présente à Port-Vendres mi-septembre, recherchant Ulises Lima qui pour d’obscures raisons a dû quitter l’appartement de son hôte et demeure introuvable. Au mois d’octobre, Belano refait une apparition et tombe sur Ulises. S’ensuit un épisode qui compte au nombre des plus beaux des Détectives sauvages, et à l’issue duquel ils se séparent sous les yeux de Lebert, aux alentours de minuit, au moment où Ulises Lima monte dans le train nocturne devant le reconduire à Paris.

La chronologie ici évoquée n’est pas très différente de celle que les documents en ma possession semblent indiquer : un second séjour à Port-Vendres consécutif à l’échec d’une recherche d’emploi dans les vignes près de Perpignan ; une dernière lettre postée de Paris le 21 octobre 1977, trois jours seulement après la chute de la bande à Baader ; et maintenant que je procède à la dernière révision de ces quelques lignes, un document que B. a retrouvé dans ses archives tout en me relisant une lettre de Roberto Bolaño du 17 octobre 1977 à Port-Vendres, où l’auteur semble faire état d’une déconvenue et annoncer un retour prochain à Barcelone.

Il semble bel et bien que les deux amis se soient retrouvés dans ce petit port ainsi que le roman le raconte.

Sur le mode de la non-fiction, la fameuse séparation en gare de Port-Vendres a encore été évoquée par Roberto Bolaño dans un entretien de 2002 avec Carmen Boullosa :

L’infraréalisme fut une sorte de Dada à la mexicaine. À un moment, il a rassemblé beaucoup de gens, pas seulement des poètes, mais encore des peintres et principalement des bohèmes et des oisifs, qui se sont considérés eux-mêmes comme infraréalistes, alors qu’en réalité le groupe ne comptait que deux membres, Mario Santiago et moi-même. Nous sommes arrivés en Europe en 1977. Au terme d’aventures désastreuses, une nuit en gare de Port-Vendres, dans le Roussillon, tout près de Perpignan et de la gare de Perpignan, nous avons décidé que le groupe en tant que tel avait pris fin2.

Cette séparation définit tout l’enjeu secret de l’épisode port-vendrais dans les Détectives sauvages. Il est probable que la dissolution du mouvement résulte toutefois davantage d’une décision unilatérale de Roberto Bolaño que d’une volonté partagée. Par la suite, Mario Santiago Papasquiaro revendiquera en effet constamment le projet infraréaliste, allant jusqu’à se présenter comme son incarnation ou son spectre, position qui s’esquisse déjà dans sa lettre du 21 octobre 1977 à Bruno Montané, à la faveur notamment du passage suivant :

Roberto avait déjà dégobillé les 1ères gouttes de sa couronne florale, les brûlures de sa lacrymale embrouille / Mais the Grammar of My Living l’algèbre-cabraloca de mon destin-ornithorynque a dit NON / Survie a chanté des arias, des huarachas, du country-folk, des hymnes véda / Thanatos a dû présenter des excuses 3 lunes de suite : 3 jours : pluie & feu de rude voyage backpacker, & la poésie a perdu l’une de ses grappes les plus rouge vif3.

Ici, la séparation avec Roberto semble aller de pair avec la description d’un combat christique de trois jours qui débouche, plus loin dans la même lettre, sur une résurrection en plein Jérusalem, sur les bords de la piscine de Siloé. Fidèle à cette perspective, une fois revenu au Mexique, Mario Santiago lance, au moyen de ce qu’il a appelé un « tour de forceps », l’infraréalisme dans une nouvelle ère.

Au cours de notre entretien téléphonique, B. m’a fait une dernière révélation capitale. Depuis ma visite de 2024, il avait retrouvé le contenu de la lettre du 9 août. Il s’agit d’un poème formant diptyque avec un autre, lui aussi envoyé de Boldú quelques jours plus tard. Celui du 9 août, sans titre, porte en épigraphe le vers initial de The Kingfishers de Charles Olson : « What does not change / is the will to change ». Le second, daté du 22 août, est intitulé Balada de los cultivos asombrados, qu’on pourrait traduire par la Ballade des cultures effarées.

Para-oulipien de facture, le poème du 9 août se présente justement comme un catalogue de strophes inaugurées par la préposition para, équivalent de notre particule pour prise en un sens final. Extraits in medias res :

Paranoïa : Keep Quiet

Thanatos Go Home !

*[…]*

para qu’on nous dise

sur un mètre carré

« génération de la bombe« 

& sur un autre (mi-cubique

mi-rhomboïdal)

« la génération Hé Hé« 

*

para que Pantagruel

nous promène avec ses balancements

chevelus

para que les Pyrénées

se mettent à danser le Cancan

*[…]*

para saborder les pupilles dilatées

de nos dernières pirogues

de nihilisme Non-Créatif

*

para brûler la Chaise roulante

de notre Charlie Chaplin chéri

(para qu’il écrive avec nous

le Manifeste (Hé Hé)

sans commencement ni fin (Hé Hé)

des cannibales dialectiques

(triple Hé Hé)

*

les moustaches d’Emiliano Zapata

en guise de pagne & muleta de torero

*

para faire du camping dans l’oreille perdue

de Van Gogh

para que les ponts de la Seine changent de sexe

*

para nous mêler à l’explosion-illumination soudaine

état de transe

des prochaines grèves sauvages

*

Nous avons fait tout ce chemin → Hé Hé

→ Traversant la mare / Hé Hé4

Boldú (Lérida) → 9/août/1977

Le 9 août 1977, Mario Santiago se conçoit donc encore comme le porteur d’une expérience collective, qu’il éprouve le besoin de généraliser en plaçant visiblement son espoir révolutionnaire dans l’Umour à la Jarry. Le poème du 22 août, quoiqu’il se recentre apparemment sur une figure unique, celle du poète-voyageur, et fasse allusion au départ prochain de Mario Santiago pour le Proche-Orient, n’est pas dénué non plus d’un horizon subversif. Il commence et se termine ainsi.

*

Où que tu ailles

le vent s’accrochera à tes épaules

pour réclamer 1 peu de ta foulée

de rocker nonchalant

1 trait de ta salive

de buveur d’averses imprévues

*

Les nuages les plus bourrés d’énergie

se noueront autour de ton cou comme

des écharpes / des amulettes de

chair non-terrestre

& les crépuscules se dresseront

comme les toits-pénicilline

des bivouacs

*[…]*

& tout ça comme le vol

d’une bande de canards sauvages

Renversant 1 à 1 toutes les clôtures de Névrose-

Propriété privée

Pour que tu circules & circules

à coups de Corps & Âme

|yeux de fleur : jambes hache

cheveux que l’eau

gorge comme 1 éponge

magique5

(22/août/1977)

Ainsi, Port-Vendres fut-il le théâtre d’un drame secret. Les chemins de l’infraréalisme y ont vraisemblablement bifurqué en même temps que le destin de Mario Santiago, au moment où il s’est vu retirer le rôle de porte-parole d’un mouvement d’agitation poétique aux ambitions internationales, subitement contraint de revêtir le costume de spectre de l’avant-garde dissoute.

Ou proclamée telle, mais dont il a continué à vivre le destin du fond des mansardes des vieux quartiers du Distrito Federal ou le long de ses avenues, arpentées tantôt en solitaire, tantôt avec des complices comme Jorge Hernández dit « Piel Divina », Jesús Luis Benitez alias « El Búnker », les frères Ramón et Cuauhtémoc Méndez, Pedro Damián, Tulio Mora, du mouvement péruvien Hora Zero, ou encore Rebeca López, mère de ses deux enfants Mowgli et Nadja Zendejas. Toute une galaxie, ou un système, qu’il a su aimanter de son inspiration…

Cet épilogue m’incite à penser que tout, dans le vieux cliché du traducteur-passeur, n’est pas bon à jeter. La traduction engage bien des sortes de passages : de la fiction au réel, du passé au présent, de la mort à la vie, d’une langue à l’autre et retour. Toutes sortes de franchissements de frontières, littéralement et dans tous les sens.

Le mièvre, le kitsch, le fétiche consistant à revenir sur des lieux ruinés pour en retirer quelque chose, s’avèrent ainsi peut-être moins une coquetterie superflue que le fond même de la tâche dans laquelle on se trouve engagé. Ce qui me rappelle un mot de Marcello Tarí, prononcé il y a déjà plusieurs années, alors qu’il présentait son ouvrage Il n’y a pas de révolution malheureuse devant la librairie du Monte-en-l’air. Quelqu’un lui ayant demandé pourquoi il écrivait des livres, il avait répondu : « il n’y a pas de meilleure raison d’écrire que de vouloir faire des rencontres ».

Le miracle n’est pas qu’on puisse convoquer les esprits mais plutôt que sur le chemin d’une enquête, ou plutôt, soyons précis, d’une quête, c’est-à-dire d’une recherche ouverte aussi indéterminée quant à ses objectifs qu’à ses méthodes, attachée avant tout à se tenir dans l’ouverture permise par son objet, des fragments de passé continuent à nous parvenir, frayant la voie à d’autres futurs possibles.

Carte postale ancienne avec des inscriptions manuscrites, adressée à Bruno Montan, située à Barcelona, Espagne.

Recto d’enveloppe, 9 août 1977, photo Bruno Montané

Un texte manuscrit en bleu sur un papier de couleur claire, avec des annotations et un dessin de style poétique.

Dans l’Antología de poesía hispanoamericana contemporánea: 1914-1970 de José Olivio Jiménez, photo Bruno Montané

1. La transcription reproduit les soulignements ainsi que l’alternance des majuscules et des minuscules, mais les variations de densité du manuscrit original n’ont pas pu être reportées. Les astérisques signalent les mots en français dans le texte.

2. Celina Manzoni, Roberto Bolaño, la escritura como tauromaquia, Corregidor, 2002.

3. « Roberto ya había desembuchado las gotas de su corona floral, las quemaduras de su lagrimal trifulca / Pero the Grammar of My Living el álgebra-cabraloca de mi destino-ornitorrinco dijó NO / Supervivencia cantó arias, huarachas, country-folk, himnos vedas / Thanatos tuvo que pedir disculpas 3 lunas seguidas : 3 días : lluvia & fuego de terco viaje mochilero, & la poesía se quedó sin 1 de sus gajos mas al rojovivo. »

4. Les fragments originaux disent précisément : « *//Paranoia:Keep Quiet/¡Thanatos Go Home!//*[…]//para que nos digan en/un metro cuadrado :/“generación bomba”/& en el otro metro (entre cúbico/& rómbico)/“la generación Jé-Jé”//*//Para que Pantagruel/nos pasee por sus columpios/pelo en pecho/para que los Pirineos/se pongan a bailarnos Cán-Cán//*[…]//para hundirle las pupilas dilatadas/a nuestras últimas piraguas/de nihilismo No-Creador//*//para quemarle la Silla de Ruedas/a ntro. amadísimo Charlie Chaplin/(para que redacte con nosotros/el Manifiesto (Jé, Jé)/sin principio ni fin (Jé, Jé)/ de los caníbales dialécticos/(triple Jé, Jé)//*//con los bigotes de Emiliano Zapata/como taparrabo & muleta de torero//*//Para hacer camping en la oreja perdida/de Van Gogh/para que cambien de sexo los puentes del Sena//*//para estar en el estallido-iluminación súbita/estado de trance/de las próximas huelgas salvajes//Hemos llegado hasta aquí → Jé, Jé //→ Cruzando el charco / Jé, Jé// ».

5. Voici la transcription de ces extraits : « *Donde quieras que vayas /el viento va a jalarte de los hombros/para pedirte 1 poco de tu paso/de rocker descuidado/1 sorbo de tu saliva/ de bebedor de aguaceros imprevistos // *las nubes más llenas de energía/se te anudarán al cuello como bufandas /como amuletos de carne no terrestre/& los crepúsculos se tenderán/como los techos-penicilina/de las tiendas de campaña//*[…]//*& todo como el vuelo/de un tropel de ánades salvajes/derribando de 1 en 1/todas las cercas de Neurosis-Propiedad privada/para que tú transites & transites/a golpes de Cuerpo & Alma/|ojos de flor : piernas de hacha/cabellera que el agua/inyecta como 1 esponja/ mágica ».

Quelques articles…


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